À Madagascar, le défi des infections virales

CARNET DE TERRAIN – Alors que les efforts internationaux se concentrent sur le Covid-19, qui a déjà fait 3,19 millions de malades confirmés dans le monde et plus de 228’000 décès (en date du 29 avril), d’autres maladies attaquent sévèrement l’Afrique sub-saharienne, comme la dengue ou le paludisme. Concernant cette dernière, l’Organisation mondiale de la santé (l’OMS) « exhorte les pays à agir rapidement » afin de « réduire autant que possible ‎les perturbations aux services de prévention et de traitement du paludisme durant la ‎pandémie de COVID-19 », selon leur déclaration du 23 avril dernier. Pour Claire Bertin, volontaire de terrain à Madagascar, le pays ne fait pas exception aux cas de paludisme ainsi qu’à la dengue, maladie souvent sous-évaluée. Éclairage !


La crise sanitaire liée au Covid-19 est sans précédent mais actuellement, Madagascar n’est que peu touché. Autant de questions viennent à l’esprit : est-ce parce que le confinement a été mis en place dès les premiers cas ? Est-ce que l’adoption rapide des gestes barrières y est pour quelque chose ? Est-ce parce que la population est relativement plus jeune ? Ou est-ce par ce que cette population est plus résistante ?

Les malgaches font effectivement face depuis longtemps à d’autres pathologies : la peste en 2017, l’épidémie de rougeole fin 2018 et début 2019, le paludisme toujours présent. L’investigation des cas est un enjeu primordial pendant ces crises.

La prévention et le traitement de ces maladies sont donc un véritable défi pour ce pays. Des directives nationales sont données chaque année et chaque cas de fièvre est soumis systématiquement a un test diagnostic rapide du paludisme. Si celui-ci ressort négatif, d’autres maladies peuvent être en cause des symptômes, comme la fièvre typhoïde, la grippe saisonnière ou la dengue.

Actuellement, Majunga, la ville dans laquelle PSF Suisse déploie ses activités, est en plein changement saisonnier : la saison des pluies est presque terminée pour laisser place à la saison sèche, plus fraîche. Ce changement de climat et de température sont justement propices à la propagation de plusieurs virus mais aussi à la prolifération des moustiques, responsables du paludisme et de la dengue.

Alors que le Covid-19 n’a fait aucun cas officiel dans la région de Majunga, les autres maladies sont de retour dans les centres de santé soutenus par l’association et la situation est préoccupante. Tous les lits sont actuellement occupés, même en salle d’accouchements, et les laboratoires ne suivent plus pour traiter les échantillons. Ces centres ont donc tenu une réunion extraordinaire le 18 avril pour faire le point sur ces cas de fièvres de plus en plus importants, concentrés dans les quartiers défavorisés de la périphérie où l’on trouve beaucoup de verdure, d’eau stagnante, moins de vent venant de l’océan, en d’autres termes, un milieu propice pour les moustiques!

Les centres de santé que PSF Suisse soutient s’attellent tous les jours à continuer la prise en charge de tous les patients ! Cette dimension est très importante. Le personnel, les patients et la population alentour sont incités à continuer les traitements en cours, notamment les patients chroniques, comme les diabétiques ou les hypertendus. Concernant le Covid-19, plusieurs formations et séances de sensibilisation ont été administrés aux soignants et aux populations les plus défavorisées de la région afin de connaître les gestes barrières et d’utiliser les solutions hydroalcooliques.

Il est également important aujourd’hui de se rappeler des autres pathologies, virus et bactéries qui sont présents depuis longtemps dans la région et qui demandent des efforts continues.

La prise en charge des patients
Les malades alités
Le laboratoire